Avec Special Olympics, ce sont des milliers de vies qui sont changées positivement!

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      Zehra Sayin, 35 ans, diplômée en 2006 à l’Ephec. Elle a étudié dans le département marketing et a choisi l’option communication en 3ème année, pour une approche la plus large possible. Elle est aujourd’hui CEO de Special Olympics.

      Comment êtes-vous parvenue à la tête de Special Olympics?

      Après avoir fait un stage qui m’a menée à travailler trois ans chez Xerox, je considérais que j’avais bien fait le tour chez eux et je voulais découvrir un autre secteur. J’aimais beaucoup ma position de Business Development Executif  et je savais que pour être Business Developer il fallait avoir touché à plusieurs domaines différents. On m’avait parlé du secteur du non profit comme étant un vrai défi à relever car il y a très peu de moyens financiers et des réalités du terrain qui ne sont pas si faciles à changer. J’ai vu une offre de Special Olympics dans tout ce qui était communication, sponsoring et marketing et c’est comme ça que j’ai commencé ici.

      Et puis vous avez progressivement grimpé les échelons ?

      Oui, j’ai quitté Special Olympics après une mission pour l’Europe en tant que responsable com’ et sponsoring. Très vite après ils m’ont rappelée en me disant qu’ils cherchent une CEO pour la Belgique, quelqu’un en particulier qui a une expérience en marketing car c’est l’un des points faibles de l’organisation. Je suis donc arrivée comme CEO en août 2015.

      Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail ?

      Ce que j’aime beaucoup c’est la liberté de faire ce que je veux en tant que CEO, de pouvoir moi-même choisir les objectifs, définir les priorités. Mais ce que j’aime beaucoup aussi ce sont les retours que j’ai. Comme je travaille pour une ONG, j’ai ce retour humain d’avoir pu réaliser quelque chose de fantastique pour une belle cause, c’est le grand plus.

      Y a-t-il une chose dont vous êtes particulièrement fière ?

      Se dire qu’on peut changer des vies, se dire qu’on a challengé des stéréotypes autour du handicap mental mais aussi autour de la place du marketing dans le monde des ONG. C’est un double sentiment en fait, et quand vous regardez les résultats, ce sont des milliers de vies qui ont été changées positivement et des milliers de familles qui sont fières de ce qui a été accompli.

      Quels sont les challenges de votre travail ?

      Comme partout ailleurs, il y a des défis humains et des défis purement business. Mais je pense que c’est surtout de voir que dans le monde des ONG il y a souvent beaucoup plus d’opportunités à saisir que dans n’importe quel autre secteur… mais on n’est pas toujours capable de les saisir car on manque de moyens financiers. C’est donc une grande frustration.

      « Notre manque de moyens financiers, c’est une grande frustration »

      Zehra SAyin

      Quels sont vos prochains objectifs ?

      Avec Special Olympics c’est certainement de terminer la stratégie qu’on avait lancé pour 2020, elle va toucher à son terme en mai et on va donc devoir annoncer les résultats: une croissance de 60 % en termes de nombre d’athlètes. On va ensuite devoir annoncer la stratégie pour 2024.

      Les objectifs pour l’instant on essaye de les rendre mesurables, cohérents et tangibles pour tout le monde. Mais à côté de ça, humainement et personnellement parlant, mon plus grand rêve c’est de faire grandir l’asbl et l’association à un niveau où la notoriété touche son plafond. Aujourd’hui, 6 personnes sur 10 connaissent Special Olympics. Mon rêve serait d’arriver à 9 personnes sur 10 à terme et de réellement casser le tabou autour du handicap mental.

      Comment l’Ephec vous a aidée au niveau professionnel mais aussi humain ?

      L’Ephec nous demande beaucoup de présentations devant les autres étudiants, devant des salles entières. On nous met dans des TP avec à chaque fois des personnes différentes. Le fait de défendre un cas pratique jusqu’au bout, et pas uniquement de manière intellectuelle, tactique ou stratégique, mais d’aller de l’avant de manière rationnelle, ça m’a toujours donné un sentiment d’être prête. On sait de quoi on parle, on n’a pas peur de donner notre opinion, de la défendre en public, et ça c’est quand même quelque chose d’extraordinaire. Les personnes qui sortent de l’Ephec ont toutes ces particularités, on les reconnait très vite sur le terrain.

      Avez-vous des anecdotes de l’Ephec ?

      Oui, et quelques-unes qui se sont retournées contre moi ! Je ne comprenais jamais pourquoi on mettait autant d’importance dans les cours de langues, qui pouvaient faire chuter complètement la côte. Ce n’est que quand on commence à travailler qu’on se dit « ah oui quand même, les cours d’anglais et de néerlandais ont vachement aidé! » J’adorais l’anglais mais je ne comprenais pas beaucoup l’utilité du néerlandais. Et il faut reconnaître qu’aujourd’hui c’est un savoir qui m’a sauvé plus d’une fois. Je râlais à chaque cours de langue mais aujourd’hui je les remercie beaucoup (rires).

      Quel était votre cours préféré ?

      C’était pendant mon erasmus que l’Ephec m’a offert, à la haute école de Utrecht, où mon cours préféré était la psychologie de la persuasion. C’est une matière extraordinaire. Pour quelqu’un qui a étudié le marketing c’est un des cours favoris qui doit être dans le top trois.